pauline araujo
Née à Roubaix, j’ai grandi dans la région Nord criblée par les stigmates du déclin industriel, enlisée dans ses différents sociaux.

Arrivée à Lyon en 2010 avec en sac un appareil photo, objet encore inconnu, je retrouve cette ambiance lourde et coupée de l’humain, à travers l'industrie abandonnée par la tendance, la religion qui vieillit tout en demeurant, l’urbanisme qui immobilise l’homme.

Entre les perceptions faussées du quotidien urbain et de ses alentours de campagne, s'est formé un inconscient collectif hanté par l'idée de mort. Paradoxes et subtilités de cette réalité exacerbée échappent souvent à notre attention. Le cliché ne montre plus une surface, mais une réalité intérieure où quelques onces de vie palpitent encore. A travers l'architecture décrépie, l'urbanisme intensif, les lieux abandonnés, livrés aux assauts de la nature qui les happe avec un dédain fascinant, nous sommes marqués par ces formes crues, l'esprit clinique, l'air de torpeur qui émane de chaque chose. Il s'agit peut-être du reflet de notre propre société, démissionnaire, qui se serait complue dans ses peurs.

Voyageant de Bruxelles à Lyon à la recherche de spectres industriels, hospitaliers et religieux, mes clichés se doublent d'une réflexion autour de la mort, incarnée par ce bon vieux Thanatos dont l'irrésistible gêne.

Je travaille actuellement à la conception d'un livret recueillant photos et textes autour de ce thème. Cette publication fait état d'une recherche sur la déconstruction du sentiment de mort, à travers le motif et la perspective, sous le prisme d'une réflexion physique et philosophique.

J'utilise plusieurs appareils. Principalement un Nikon D5000 et un Nikon F301, de temps en temps, j'utilise aussi un fisheye Lomography ou, des appareils jetables Ilford.

Autour de cet univers photographique, lié à l'écriture, axé sur cette recherche de "concentrés actifs" vie/mort, je travaille aussi autour de l'image pour souligner son réel. Je récupère les cadres, les repeins et travaille l'encadrement des photographies. Cette récupération et réhabilitation de la mort dans le présent, boucle la boucle, au sens propre comme au figuré, de ce travail sur la réconciliation de l'humain avec son futur passé.
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